La Bibliothèque Nationale de France

 

La Bibliothèque nationale de France suscite souvent des critiques. Celles-ci, provenant d'horizons variés, ont été largement relayées par les médias au début. La force médiatique est un peu retombée, mais certaines de ces critiques subsistent. Elles peuvent être regroupées en trois grandes catégories.

 

 

Critiques d'origine syndicale

L'établissement est ainsi mis en cause par les syndicats. La Bibliothèque a d'ailleurs connu plusieurs conflits sociaux, dont l'un, peu après les premiers jours d'ouverture du rez-de-jardin, s'est traduit par une longue grève restée dans les esprits. Le principal grief porte sur les conditions de travail : le personnel de magasinage en particulier se plaint du bruit, mais aussi de l'obligation de travailler souvent à la lumière artificielle. En outre, particulièrement au début du fonctionnement du rez-de-jardin, le personnel se trouve dans l'obligation d'assumer, vis-à-vis des usagers, les dysfonctionnements dont ils ne se sentent pas toujours responsables. La Bibliothèque nationale de France est également critiquée pour son recours, considéré comme excessif, à des emplois dits précaires, vacataires en particulier.

Critiques émanant des lecteurs

Des lecteurs formulent également un certain nombre de griefs envers la BnF, surtout pour le site François-Mitterrand. L'universitaire Jean-Marc Mandosio a publié en 1999 un essai intitulé L'effondrement de la Très Grande Bibliothèque Nationale de France aux Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances dans lequel il fustige ce projet et sa réalisation. Revenant en 2000 sur ce thème il écrit : « tout l'arsenal néotechnologique de la T.G.B.N.F. ne fait qu'amplifier les tares qui affectaient déjà le fonctionnement de l'ancienne Bibliothèque nationale : impuissance chronique ; méfiance envers le lecteur, considéré comme un intrus et un danger potentiel ; absence de prise en compte de ses besoins, de son confort, de la dimension empirique, concrète, de son activité ». C'est également la position de Lucien X. Polastron qui avance que « le nouvel établissement de Tolbiac a été conçu et réalisé en écartant le plus possible, non seulement ses usagers, conservateurs et lecteurs, mais aussi le ministère de la Culture et jusqu'au moindre intellectuel disponible ».

L'accès à ce site est malaisé, d'autant que l'esplanade et les descentes sont glissantes par temps humide et que cette situation n'est que partiellement résolue par les chemins antidérapants et la renonciation aux tapis roulants pour la descente. Les lecteurs se plaignent aussi des « conditions de travail » dans cette bibliothèque : bruit excessif dans les salles de lecture, délai de communication parfois excessif, indisponibilité de certains documents, fraîcheur difficile à supporter dans les salles de lecture, même en été, mauvaise orientation des postes informatiques dont les écrans sont presque illisibles par grand soleil. Les représentants des lecteurs plaident aussi pour une extension des horaires d'ouverture, revendiquant une ouverture du rez-de-jardin dès le lundi matin et l'instauration d'une « nocturne » au moins une fois par semaine (actuellement les salles de lecture ferment à 20 h). De manière plus anecdotique, les tarifs des espaces de restauration (cafeteria…) sont aussi mis en cause. Les représentants des lecteurs ont tendance à penser que la bibliothèque en ferait trop pour les bibliothèques numériques (Gallica et Europeana) ou les expositions au détriment des lecteurs consultant les documents sur place.

Critiques des médias et de l'opinion publique

La BnF a également fait parler d'elle négativement au-delà de ceux qui y travaillent ou l'utilisent. Certaines de ces critiques sont politiques, dans la mesure où elles ne visent pas la seule BnF, mais la politique de grands travaux de F. Mitterrand dans son ensemble. Le fait que le choix du projet ait été la décision politique d'un seul homme, réglée de manière rapide sans considération des aspects pratiques, est aussi critiqué. Le parti architectural de Dominique Perrault a aussi ses détracteurs, en particulier pour sa décision de stocker les documents dans les tours.

Outre le coût initial de l'investissement — près du double du coût de la réalisation de l'Opéra Bastille —, les frais annuels de fonctionnement engendrés par la nouvelle Bnf ont également fait l'objet de vives critiques. Ils représentent en effet pour le budget de l'État un montant sept fois plus élevé que ce que coûtait la BN, soit les trois-cinquièmes de la somme allouée chaque année à l'ensemble des bibliothèques universitaires sur le territoire français. Avec des conséquences très lourdes, tant pour les contribuables que pour les bibliothèques universitaires, placées dans l'impossibilité financière d'enrichir convenablement leurs catalogues depuis une quinzaine d'années, et donc sur les nouvelles générations d'étudiants et de chercheurs.

La presse s'est aussi fait l'écho d'un certain nombre d'autres faits, dont certains ont été exagérés, mais qui sont de nature à susciter la moquerie et l'indignation. Parmi les plus marquants, des dysfonctionnements du système d'alarme ont entraîné l'inondation de certains secteurs des magasins en 1997. Plus récemment, la présence d'amiante a été relevée dans les collections (2005).

Si la « Grande bibliothèque » fait l'objet de critiques nombreuses, qui touchent surtout le site François-Mitterrand, l'établissement et sa tutelle ont consenti d'importants efforts notamment financiers. Cela se traduit notamment par un fort enrichissement des catalogues et une bonne visibilité de l'établissement, en particulier par la fréquentation de Gallica.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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